Sentinelles des Forêts _ Semaine 5

Sentinelles des Forêts
Semaine 5 _ En route vers la Méditerranée

Je repars de Pau après un passage à la République des Pyrénées pour un peu de communication. J’en profite pour voir la famille, c’est important. 
 
Maintenant que je suis dans les Pyrénées, je mets cet fois-ci cap à l’Est. Je ne passe pas par les cols des Pyrénées car je veux voir aussi ce qu’il y a en bas, et la météo n’est pas optimale. 
 
Mon premier jour en direction de la mer m’épargne, mais je me fais tremper jusqu’à l’âme au jour suivant. Des trombes d’eau s’abattent sur moi en ce jeudi après midi. C’était prévu, mais c’est toujours surprenant. Ça remet en place la notion du confort dans l’aventure mais aussi dans la vie de tous les jours. Finalement, même si je suis trempé, ce n’est que de l’eau et je n’ai pas froid (sauf à l’arrêt). L’avantage avec le confort c’est qu’on peut l’étendre et faire en sorte de se sentir confortable dans toutes les situations, ou presque. Mais plus on en a quotidiennement, moins il est facile d’en perdre. 
 
Je rencontre Frédéric, un voyageur à la retraite avec un vélo solaire, avant le déluge et nous faisons une bonne dose de kilomètres ensemble. Nous parlons beaucoup pendant la route, les kilomètres défilent sans même s’en rendre compte. Ces échanges, en plus du fait d’être accompagné, élargit la zone de confort. Nous sommes deux sous la flotte, c’est presque amusant. Nous arrivons à Foix ensemble et me propose de m’inviter au camping. Comme redémarrer après une petite pause goûter sous ce déluge ne m’emballe pas plus que ça, j’accepte. Au final je n’ai pas trouvé d’arbre propice au hamac, et sa tente étant complètement trempée, il finit par louer une cabane où nous pouvons dormir au sec. Grand luxe. 
 
Je redémarre sans lui en direction de Perpignan car il a des soucis techniques sur son vélo. Cette fois-ci il fait beau. Comme quoi, les moments inconfortables ont une fin, il suffit d’être patient et de « prendre son mal en patience ». 
 
J’ai rendez vous dimanche pour une interview au bord de la Méditerranée, au sujet d’une forêt qui n’a pas été exploitée par l’homme depuis 150 ans. Du coup je prends mon temps pour y arriver. Le samedi est tranquille, je profite des territoires que je traverse, c’est magnifique et les odeurs méditerranéennes me rappellent la maison. 
 
Je fais l’interview et repars, cette fois-ci en direction du Nord-Est. Les premiers kilomètres de cette nouvelle direction se passent tranquillement. Il fait beau, chaud et le vent me porte. Que demande le peuple. Le bord de côte est cependant très construit, mais ça ne me surprend pas. Ne regardant pas devant moi, je percute un petit vélo posé au sol au milieu de la piste cyclable. Je me retrouve bien évidemment à terre, un peu surpris. Le vélo n’a rien, moi non plus à part quelques égratignures au pied droit (c’est pourtant sacrément bien les sandales), je reprends donc ma route en quête du dernier bivouac de la semaine. 
 
Pour cette fin de semaine, je dors face à la mer avant de bientôt lui dire au revoir. Je ne la reverrai qu’une fois cette aventure terminée. J’ai encore du chemin à parcourir, je m’en réjouis d’avance. 
 
Lucas. 
 
Distance : 459,3km
Dénivelé positif : 4 442m
TOTAL
Distance : 2 012,7km
Dénivelé positif : 22 231m