Sentinelles des Forêts
Semaine 7 _ Interlude médiatique
Je commence la semaine avec des élèves de collège. Comme à mon habitude, nous parlons des enjeux autour de chez nous et comment les comprendre puis trouver des solutions à mettre en place. Les élèves de collège sont curieux et pertinents, c’est toujours très intéressant de travailler avec eux.
Pour fêter le début de la deuxième canicule de l’année alors que l’été n’est toujours pas là, je repars en direction de la Haute-Savoie. Je passe quelques cols et reliefs en direction de Lugrin, où à été conçu mon cadre de vélo en bois. Or il se trouve que Lugrin est de l’autre côté d’Évian-les-Bains où se déroule le G7 pendant mon passage. Impossible de traverser la ville, je dois faire 500m de dénivelé positif en plus en plein soleil. C’est rude. J’ai même la tête qui tourne parfois alors que je bois beaucoup et que je me rince à la première fontaine. J’arrive tant bien que mal à la fin de ce passage délicat, et comme les choses sont finalement bien faites, après la montée il y a la descente. Ça en revanche c’est un bonheur, la récompense de toutes ces goûtes de sueur qui se sont évaporée du macadam brûlant.
Une fois Woodalps atteint, je fais machine arrière en direction du Jura et du Morvan. Là j’ai plusieurs interviews à réaliser. Je rencontre des acteurs et actrices de la consommation du bois raisonnée et intelligente. C’est l’occasion d’échanger sur toutes les pratiques liées au bûcheronnage et à l’utilisation du bois par la suite. C’est également un bon moyen de se rendre compte de l’effet dévastateur des coupes rases, bien trop présentes dans les modes d’exploitation, en particulier pendant cette période de canicule intense. La forêt nous garde au frais, c’est primordial de la préserver.
Pendant l’un de mes bivouacs, au bord d’une rivière, j’entends un cri animal. Étant dans le Jura à ce moment là je suis persuadé que c’est un Lynx. J’apprendrai par la suite que c’est peut-être un renard, je ne saurai pas vraiment mais pour mon imaginaire je vais considérer que c’est un Lynx. Cette rencontre fait partie des quelques « échanges » que j’ai pu avoir avec la vie sauvage pendant cette aventure. Près des routes la plupart du temps, ou alors les yeux mal ouverts, je n’ai pas l’occasion d’en voir tant que ça. Heureusement, j’ai quand même de belles surprises régulièrement, comme une horde de sangliers qui est passé près de mon campement non loin du lac d’Annecy. Une nouvelle interview se profile sur la vie sauvage dans nos forêts, indispensable au bon fonctionnement de ces écosystèmes.
Je finis la semaine avec le jour le plus long de l’année, clôturé par un bivouac tardif couronné d’un splendide coucher de soleil, après être parti « à la fraîche » (seulement 34°C) suite à deux interviews très enrichissantes. La canicule n’est pas prête de s’arrêter, alors autant composer avec pour les prochains jours.
Lucas.
Distance : 562,6km
Dénivelé positif : 5 830m
TOTAL
Distance : 3 071,9km
Dénivelé positif : 31 096m